Spaghetti de courgettes « ajo e ojo »

C’est sans gluten aujourd’hui!

J’ai peut-être pas l’air à ça, mais je m’y connais dans le gluten-free. Plutôt bien, en fait. Mais cela, seuls quelques lecteurs (les plus fidèles parmi les plus fidèles), le savent.

Comme je n’ai pas d’orgueil lorsqu’il est question de raconter une bonne histoire, j’accepte volontiers de m’humilier publiquement en vous expliquant ce qui a fait de moi une experte (momentanée) de la cuisine sans gluten.

Spaghetti de courgettes ajo e ojo

Nous sommes en 2010. Le gluten est encore cette chose obscure dont peu de gens se préoccupent (sauf les rares personnes chez qui il cause réellement du tort).

L’Être-Aimé, depuis plusieurs mois, se plaint de « désagréments digestifs ». Rien pour être un cas de recherche dans une faculté de médecine, mais suffisant pour consulter son médecin.

Celui-ci lui balance un diagnostic fourre-tout classique : syndrome de l’intestin irritable. Aucun remède. Au mieux quelques trucs pour diminuer l’intensité des symptômes.

Parce que je suis vraiment (mais vraiment) curieuse, je me mets à (presque) tout lire ce qui existe au sujet des désagréments digestifs. Des articles scientifiques aux commentaires bourrés de fautes sur des forums de discussions discutables.

C’est au cours de mes lectures que je vois le mot gluten pour la première fois de ma vie.

Résumé de l’épisode :

- Chéri, connais-tu ça, le gluten?

- Quessé?

- Le gluten. C’est quelque chose qu’il y a dans le blé (donc le pain, les pâtes, bref tout de ce t’aimes) et que certaines personnes ne peuvent digérer. Ça peut les rendre vraiment malades en fait.

- Pis là? Tu penses que c’est le gluten qui me rend comme ça?

- Tu pourrais peut-être essayer de ne plus en manger pendant quelques semaines, pour voir…

- grmnnm…

Ça voulait dire oui.

Je ne m’explique pas encore tout à fait ce qui s’est passé. Le hasard assurément. Mais en supprimant le gluten de sa vie pendant quelques semaines, l’Être-Aimé s’est mis à se sentir mieux.

C’est ici que la portion gênante de mon histoire débute, quelques semaines après le fameux test…

- Chéri, tu es gluténien! Tu sais ce que ça veut dire?

- Que je pourrai plus rien manger de bon dans ma vie?

- Ben non. Y’a plein de recettes. Et y’a surement moyen de faire du pain sans gluten digne de ce nom. J’en fais ma nouvelle mission de vie!

(remarquez ici la façon dont je saute un peu trop vite aux conclusions…)

Inconsciemment, j’étais presque contente que l’Être-Aimé soit gluténien, parce que je venais de trouver le sujet de mon premier blogue…

Et oui, il y a eu un autre blogue avant Meilleur avec du beurre! Depuis que j’avais vu le film Julie et Julia quelque part en 2009, je réfléchissais à l’idée de démarrer un blogue. Pour avoir un terrain de jeu et pouvoir écrire… pour le fun. Parce qu’il faut savoir que dans la vie, j’écris « pour vrai » . Lire : ça paye mon hypothèque. Comprendre : il arrive qu’écrire « pour vrai », c’est pas toujours le fun!

Bref, il me manquait l’idée géniale pour démarrer mon blogue, et soudainement, je venais de la trouver grâce aux tribulations digestives de l’Être-Aimé. J’allais avoir un blogue sur la cuisine sans gluten. Un site où j’allais tester des recettes, tenter d’en comprendre les grands principes, bref, apprendre en même temps que mes lecteurs.

C’est ainsi qu’est né Mélanie au pays des gluténiens (svp, ne vous moquez pas du titre, j’étais jeune à l’époque!). Pendant environ 6 mois, mon blogue a été un genre de journal de bord où je colligeais processus et résultats, succès et échecs. À la fin, je m’en venais pas pire… :) L’Être-Aimé, lui, a tout mangé le fruit de mes expérimentations, bonnes ou mauvaises. Je salue d’ailleurs la ténacité dont il a fait preuve. J’aurais été incapable moi-même de me priver de pain et de pâtes aussi longtemps.

J’en arrive au dénouement dramatique de mon histoire… 6 mois après avoir cessé le gluten, la santé digestive de l’Être-Aimé ne s’est aucunement améliorée.

- Chérie, ça marche pas ton affaire de gluten. Que j’en mange ou que j’en mange pas, ça fait la même chose.

- Tu penses?

- C’est fini. Je recommence le régime PPP (pain, pâtes, pâtisseries).

- … et mon blogue, lui?

C’est ainsi que se termine la courte histoire de mon premier blogue. Un blogue sur la cuisine sans gluten, démarré… absolument pour rien! Mais bon, j’ai appris, et c’est ce qui est important. Le pain sans gluten n’a maintenant plus de secret pour moi!

Revenons en 2015. Le gluten est tellement devenu in dans les dernières années qu’il semble qu’il est maintenant out! Le moment est donc bien choisi pour que je vous en parle!

Sans blague, ce spaghetti de courgettes est un petit accompagnement sans prétention, inspiré d’une recette que j’ai vue il y a très longtemps, et que je m’étais promis d’essayer.

Ajo e ojo, ça signifie ail et huile en italien familier. C’est une façon typique et extrêmement simple d’apprêter les pâtes, avec simplement un peu d’huile, de l’ail, et du piment fort.

Moi qui a toujours été pro-pâtes (je l’avoue après toutes ces années!), je dois dire que le résultat m’a agréablement surpris. Probablement la petite technique pour apprêter les courgettes avant de les cuire. Ou le petit crounch épicé qu’on saupoudre avant de servir…

Ou peut-être les deux, tout compte fait.

Spaghetti de courgettes ajo e ojo

 

Spaghetti de courgettes « ajo e ojo »
 
Temps de préparation
Temps de cuisson
Total
 
Le truc pour éviter des courgettes spongieuses : les faire dégorger avec du sel avant de les cuire. Ça leur donne une texture qui rappelle davantage le vrai spaghetti. Mais on s’entend, ça reste des courgettes.
Auteur:
Portions: 4
Ingrédients
  • 4 courgettes, coupées en fines juliennes
  • 2 gousses d’ail, tranchées finement
  • ⅓ tasse d’huile d’olive
  • ¾ tasse de chapelure panko
  • 2 c. à soupe de beurre
  • ½ c. à thé de piment d’espelette (ou piment de cayenne moulu)
Étapes
  1. Déposer les juliennes de courgettes dans une passoire. Saupoudrer généreusement de sel. Remuer pour bien enrober, et laisser reposer 20-30 min.
  2. Passer les courgettes sous l’eau pour les rincer. Égoutter et bien les assécher à l’aide de papier absorbant.
  3. Dans une poêle antiadhésive, chauffer le beurre à feu moyen. Ajouter la chapelure panko et le piment d’espelette. Remuer continuellement jusqu’à ce que le mélange soit doré. Saler. Retirer de la poêle et réserver.
  4. Dans la même poêle, chauffer l’huile d’olive et l’ail. Lorsque l’ail commence à dorer, ajouter les courgettes. Poursuivre la cuisson quelques minutes pour bien les réchauffer. Rectifier l’assaisonnement.
  5. Au moment de servir, saupoudrer un peu de chapelure épicée.

 

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Comments: 3

  1. ariane 3 août 2015 at 22 h 54 min Reply

    Bonjour Melanie, as-tu déjà eu la chance d’aller à Venise? Parce que je m’en vais passer une semaine là-bas avec les enfants et je me demandais si tu avais de bonnes adresses à partager?
    Merci, Ariane

    • MelanieR 4 août 2015 at 7 h 45 min Reply

      Bonjour Ariane, je ne suis restée que quelques jours à Venise. Je ne sais pas si tu souhaitais avoir de bonnes adresses « resto » ou de manière plus large. Mais côté resto, je n’ai pas trouvé de trésor caché. Par contre, je te recommande fortement de prendre le ferry pour visiter quelques iles autour de Venise, particulièrement Burano qui est absolument magnifique. Mais j’invite mes fidèles lecteurs à te répondre s’ils ont des trésors cachés à partager!

  2. FranceB 4 août 2015 at 11 h 45 min Reply

    Je devrais me partir un blogue : Mille et une questions. Tu m’as intriguée, j’ai cherché la définition du mot orgueil. Selon Pierre Larousse (crois-tu quil souffrait du complexe de Napoléon ? Il a édité le Petit Larousse… une brique si lourde à porter, je m’en rapppelle encore… ) voici, entre autres, ce qu’il dit à propos de l’orgueuil : Sentiment exagéré de sa propre valeur, estime excessive, de soi-même, qui porte à se mettre au-dessus des autres. Désolée de te le dire publiquement, mais tu n’es pas orgueilleuse, faudra trouver une autre excuse pour expliquer ton gluten free :-) Et Pierre Larousse, penses-tu qu’il était parent avec Petit Robert ? Ne désespère pas, un jour j’aurai un commentaire d’ordre culinaire !

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