Tartiflette québécoise

J’ai eu le bonheur l’an dernier de visiter Annecy, petite ville de la Haute-Savoie située en bordure d’un lac du même nom (le lac Annecy), le tout ceinturé de vertes collines. Idyllique est certainement un euphémisme pour décrire l’endroit.

Matin brumeux à la marina d’Annecy

À cause d’un canal qui serpente la ville, on surnomme Annecy la Venise des Alpes, un titre exagéré si vous voulez mon avis. Oui, la ville est magnifique, mais de là à la comparer à la Sérénissime, il y a un pas. Comme si toutes les villes dotées de canaux pouvaient s’attribuer de facto une référence à Venise. C’était la portion éditoriale de ce billet. Merci de votre compréhension.

LE canal d’Annecy

Annecy est autant réputée pour ses paysages que pour son reblochon, un fromage de lait cru à pâte pressée, non cuite. La plupart des touristes qui visitent Annecy flanchent pour la tartiflette, ce gratin de pommes de terre fait à base, justement, de reblochon. Personnellement, j’en ai été incapable. J’ai visité Annecy au mois de juillet, par une belle journée à 26 degrés. Selon moi, la tartiflette est un plat d’hiver (ou à tout le moins d’automne pluvieux).

Personnellement, je me suis rabattue sur un sandwich à base de reblochon, qui s’est avéré être le meilleur sandwich que j’ai mangé de toute ma vie (je vous le jure).  C’était une baguette à base de reblochon qu’on avait fait fondre sous un four à raclette. Accompagné d’un jambon cru, style proscuitto, et de petits cornichons, j’en frémis encore chaque fois que j’y pense.

Je croyais que la tartiflette était un plat traditionnel savoyard, que les mères servaient depuis des générations à leurs enfants qui revenait de l’école… Que nenni! Sous des allures de plat authentique se cache un vil coup de marketing du Syndicat interprofessionnel du reblochon. Ceux-ci, souhaitant augmenter leurs recettes, ont justement eu l’idée d’inventer, dans les années 80, une recette qui utiliserait une grande quantité du fameux fromage.

Les derniers jours ayant été froids et pluvieux, j’ai eu le goût de me faire une tartiflette. Mais puisque j’ai aussi un côté un peu chauvin, et que je ne voulais surtout pas encourager le Syndicat interprofessionnel du reblochon, j’ai décidé de remplacer ce dernier par un fromage québécois.

Mon choix s’est arrêté sur le Kenogami, un fromage dont la fabrication s’apparente au reblochon. Certains l’appellent même le reblochon québécois. Le Kenogami est fabriqué à Hébertville, petite municipalité située en bordure d’un lac presque aussi mythique que le lac Annecy : le lac St-Jean.

tartiflette quebecoise

Je n’ai pas le goût de vous proposer une recette stricte de tartiflette, l’idée étant d’y aller selon vos goûts et votre feeling. J’irai tout de même de quelques trucs que j’ai piqué sur différents sites de la Toile.

Dernier conseil : assurez-vous de disposer de suffisamment de temps après avoir dégusté votre tartiflette pour soit courir un marathon, traverser le fleuve à la nage où faire le trajet Montréal/Baie Comeau à vélo. Car c’est vraisemblablement les efforts que vous devrez déployer pour brûler le million de calories que vous aurez ingurgité avec votre tartiflette.

Mais n’y pensez pas tout de suite, et contentez-vous pour l’instant de savourer le moment présent!

Tartiflette québécoise
 
Temps de préparation
Temps de cuisson
Total
 
Ingrédients
  • pommes de terre
  • lardons (bacon)
  • fromage Kenogami
  • crème 35 %
  • vin blanc
Étapes
  1. Peler des pommes de terre et les faire cuire dans de l’eau salée, mais pas trop longtemps, sachant que la cuisson se terminera au four. Les couper en tranches et réserver.
  2. Trancher des lardons (du bacon) et les faire blanchir environ 1 minute dans de l’eau bouillante. C’est un des trucs que j’ai appris dans mes lectures. Le fait de faire blanchir les lardons évite d’occulter le goût des autres aliments.
  3. Dans une poêle, cuire les lardons. Ils ne doivent pas être croustillants, mais le fait de les avoir blanchi préalablement aidera. Retirer et réserver.
  4. Émincer de l’oignon, et faire suer dans la même poêle qui a servi à cuire les lardons. Ils ne doivent pas être colorés.
  5. Intégrer aux oignons les lardons et les pommes de terre. Faire sauter quelques minutes, puis mouiller d’un peu de vin blanc. Laisser réduire le vin presque complètement. Saler et poivrer.
  6. Couper votre morceau de Kénogami en 2 sur le sens horizontal. Gratter légèrement la croûte, mais pas trop. Combien faut-il de fromage? Dites vous que le fromage doit recouvrir presque complètement la surface de votre plat à gratin. C’est donc à vous d’acheter votre morceau de Kénogami en conséquence.
  7. Verser le mélange de pommes de terre dans un plat à gratin, déposer le fromage sur le dessus, la croûte du côté pommes de terre (il s’agit de ma principale découverte : la plupart des recettes québécoises de tartiflette déposent le fromage croûte sur le dessus, alors que les recettes du vieux continent mettent la croûte en dessous.) Vous voulez être rigoureusement authentique? Croûte en dessous alors!
  8. Mouiller de crème 35 %. Quantité? Je dirais au tier du plat à gratin.
  9. Enfourner 20 minutes dans un four préchauffé à 350 degrés C.

 

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Comments: 4

  1. Marie-C. Daignault (@mcdaignault) 8 octobre 2012 at 8 h 42 min Reply

    Même si je n’ai pas eu l’occasion de visiter la belle région de haute-Savoie, j’adore la tartiflette. (De toute façon, tu m’apprends ce matin que c’est un vil coup de marketing !)

    Quand je prépare ma tartiflette, je choisis toujours le Kenogami (la fromagerie Lhemann si proche de mon cœur depuis des années). Je suis contente de voir que tu le recommandes :-)

    Quant à mon truc pour éviter la crise de foie, je prépare une quantité malicieusement restreinte: suffisante pour déguster avec bonheur une portion, mais insuffisante pour se laisser aller à l’envie (irrésistible je dois dire) d’en prendre une deuxième…

    • MélanieR 8 octobre 2012 at 8 h 59 min Reply

      J’ai utilisé exactement la même stratégie de la portion restreinte. On reste un peu sur notre appétit, mais au moins, on a la conscience tranquille et la digestion facile!

  2. Lise-Anne Samson 8 octobre 2012 at 17 h 35 min Reply

    Alors là, Mélanie, avec ta tartiflette du Lac St-Jean, tu tombes dans mes goûts d’hiver et de montagne. Je vais assurément l’essayer cet automne ou cet hiver, au Mont Ste-Anne toutefois. Quel coup de marketing tout de même :)

    Je vais aussi recommander notre fromage québécois à une amie française vivant ici depuis peu, qui déplorait dernièrement ne pas trouver de fromage pour pallier le Roblochon pour faire sa tartiflette.

    Bye ! Lise-Anne S.

  3. Olive 9 août 2015 at 3 h 37 min Reply

    La tartiflette traditionnelle n’a pas besoin d’ajout de crème …. Le côté crémeux est uniquement apporté par le reblochon.

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