Street food à la berlinoise

C’est en lisant La trilogie berlinoise de Philippe Kerr que j’ai eu le goût de visiter Berlin. À travers les yeux de Bernard Gunther, détective privé à l’humour noir et au flair avisé, on découvre Berlin en trois tableaux : en 1936, au paroxysme de la propagande nazie, en 1938, à quelques mois du début de la guerre, et en 1947, à travers les ruines et les décombres de la ville désormais divisée.

Je vous rassure, visiter Berlin en 2012 à travers les yeux d’une touriste gourmande est une expérience beaucoup plus réjouissante. Mais quand même, l’Allemagne a beau être réputée pour sa bière, elle l’est un peu moins pour sa gastronomie, basée sur la charcuterie en général, et sur la saucisse en particulier.

C’est peut-être d’ailleurs en raison de cette simplicité gastronomique que le street food y est aussi florissant. À tous les coins de rue, on  trouve des imbiss, le mot allemand pour casse-croûte.

Le currywusrt

À l’instar de notre traditionnelle poutine, les berlinois ont aussi leur plat fétiche : le currywurst. Wurst signifie saucisse en allemand, et curry… je vous laisse deviner!

currywurst berlin

Petit mot à mes lecteurs paresseux qui trouvent toujours que mes recettes sont trop compliquées: réjouissez-vous! La recette du currywurst est certainement la plus simple de toute l’histoire de ce blogue.

Faites griller deux saucisses à hot-dog. Coupez en rondelles. Arrosez de ketchup (laissez s’exprimer l’enfant de 4 ans en vous, et soyez généreux!), soupoudrez de curry en poudre. Servez avec des frites et garnissez d’une montagne de mayo.

Pour la petite histoire, on devrait «l’invention du currywurst »  (on repassera pour le prix Nobel…) à Herta Heuwer, qui, en 1949, avait réussi à obtenir du ketchup et du curry de soldats américains. Elle a eu l’idée de servir le tout sur des saucisses, et victime de sa popularité, a ouvert un stand servant la dite invention.

Le stand a fait des petits, puis qu’on vend des currywurst littéralement partout à Berlin. Et n’allez pas croire qu’il s’agit d’un attrape-touristes : la faune locale semble encore plus les apprécier que les touristes!

Avant de me rendre à Berlin, j’avais lu un article de La Presse portant sur la véritable guérilla à laquelle se livrent les tenanciers de ces imbisses.  Vous connaissez ma rigueur gastronomique: il était hors de question que je mange ma currywurst au premier casse-croûte du coin et que je reste sur ma première impression. J’ai donc essayé la currywurst dans les deux temples berlinois de la saucisse, cités à la fois dans l’article de La Presse, mais également dans tous les guides touristiques : le Konnopke Imbiss et le Curry 36.

Constat : les deux currywursts sont scrupuleusement identiques et j’avoue que j’échouerais lamentablement dans un test à l’aveugle. Et pour ce qui est du goût… disons qu’avec une bière, ça passe mieux! :)

Le döner kebab

Étonnant de constater qu’une spécialité turque constitue un plat fétiche pour les berlinois. C’est pourtant le cas avec le döner kebab, un sandwich de viande grillée servie dans un pain rond. Il semble que le principe de la viande grillée sur une broche (kebab) est effectivement originaire du Moyen-Orient, mais que le sandwich lui (döner), aurait été inventé à Berlin en 1971. Depuis, on dit que la consommation de döner kebab à Istambul n’atteint même pas le tier de celle de Berlin!

Il n’y avait pas d’endroit particulier qui m’avait été recommandé pour manger mon döner. C’est toutefois en me rendant au Curry 36 que j’ai découvert Mustafa…

Si une file devant un restaurant est généralement bon signe, alors il se passait réellement quelque chose de spécial chez Mustafa. J’ai appris par la suite que c’était  comme ça, à tout heure du jour… ou de la nuit.

mustapha_berlin

Uniquement dans le but de satisfaire ma curiosité, j’ai donc moi aussi fait la queue (pendant un peu plus de 30 minutes) pour obtenir mon fameux döner.

mustapha-doner_berlin

Si le currywurst n’avait pas impressionné mes papilles, je dois avouer que le döner de Mustafa était excellent, pour du street food. Mais comme je n’ai pas goûté à d’autres döners, je ne saisie pas encore la surprenante popularité de Mustafa. Et malgré tout, je ne crois pas que ce sandwich valait les 30 minutes d’attente.

L’homme-BBQ!

En terminant, si une image vaut 1000 mots, je crois que celle-ci explique bien le street food à Berlin!

 

Il y a de ces hommes-BBQ dans les zones les plus touristiques de la ville. Un grill portatif à l’avant, une bonbonne de propane à l’arrière, un parapluie pour les intempéries, voilà tout ce que ça prend pour faire cuire (et vendre!) des hot-dogs à Berlin!homme_bbq_berlin

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Comments: 2

  1. Harnois à la carte 3 septembre 2012 at 15 h 59 min Reply

    Je veux des hommes hot-dog à Québec!

  2. Être-Aimé 6 septembre 2012 at 6 h 58 min Reply

    Petit secret pour vous !!! Sur la photo de Mustafa, la personne qui attend en chemise grise comme un affamé en manque de kebab au bout de la file et bien c’est moi. Mon non-verbal en dit long sur mon appréciation de l’expérience hein ?? :)

    Personnellement, j’ai pris un genre de shish taouk et il était meilleur que le döner.

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