Yogourt maison

Invisibles à l’oeil nu, se comptant par milliards, et reconnues pour leurs effets bénéfiques, les bactéries intriguent.

Chaque fois que je mange du yogourt, je me demande toujours comment autant de bactéries peuvent se retrouver dans si peu de matière.

Et du coup, j’ai eu le goût de contribuer, moi aussi, à la prolifération des lactobacillus bulgaricus et des streptococcus thermophilus en faisant mon propre yogourt.

Yogourt maison

Faire du yogourt maison est relativement simple. Mes lectures m’ont fait comprendre que pour les bactéries, le yogourt est en quelque sorte un Club Med : il fait chaud, mais pas trop, on peut y faire trempette et il y un buffet à volonté!

Ainsi, à du lait tiède, on ajoute un petit contenant de yogourt individuel, on verse dans des pots, et on les laisse pendant 4 heures dans un environnement à environ 45 degrés C.

Le mot yogourt vient de yoghurmak, mot turc signifiant « épaissir ». Toutefois, son origine serait bulgare. Comme bien d’autres produits laitiers, le yogourt est le fruit du hasard et son origine remonterait au tout début de l’agriculture. On dit même qu’il s’agit de l’un des premiers produits transformés par l’homme. Les gardiens de troupeaux auraient commencé à traire le lait de leurs animaux et les enzymes naturels se trouvant dans les contenants (estomacs d’animaux) auraient fait cailler le lait, donnant ainsi naissance au yogourt. Le produit ainsi obtenu se conservait plus longtemps.

La beauté du yogourt maison, c’est qu’il est possible de le personnaliser au gré de son inspiration. Quant à moi, j’ai choisi d’essayer l’une des recettes de mon livre Petit précis de cuisine moléculaire : un yogourt au sirop de carotte aromatisé au basilic. Intriguant non?

Dans les faits, la recette originale est à la coriandre et non au basilic. Mais comme je ne suis pas particulièrement friande de coriandre, j’ai choisi de la remplacer par une herbe de la même famille aromatique.

Le basilic fait à merveille dans cette recette. Et le sirop de carotte est une belle découverte. On pourrait facilement l’utiliser sur de la crème glacée, des crêpes ou un gâteau blanc. Quant au yogourt lui-même, il est très bon et moins acide que les yogourts du commerce.

Pour plus de détails : Petit traité sur le yogourt

La clé de la longévité

Probiotique est un mot à la mode depuis quelques années. Cependant, cela fait plus d’un siècle qu’on tente de faire des liens entre longévité et consommation de yogourt. Le cas le plus célèbre est probablement celui de Zaro Agha, un turc qui aurait vécu jusqu’à 157 ans! Il serait l’homme ayant vécu le plus longtemps de l’histoire. Né en 1774 et décédé en 1934, il aurait attribué sa longévité à sa consommation massive – et régulière – de yogourt tout au long de sa vie.

Au début du 20e siècle, le biologiste russe Ilya Metchnikoff a fait des recherches sur les propriétés du yogourt dans une thèse intitulée Le prolongement de la vie. Metchnikoff était intrigué de constater que les paysans bulgares vivaient beaucoup plus longtemps que d’autres peuples. Il a émis la théorie qu’une consommation importante d’éléments « vivants », en particulier le yogourt, permettait d’augmenter l’espérance de vie. Il a même affirmé qu’en suivant un tel régime, une personne pourrait vivre jusqu’à 150 ans.

Metchnikoff a remporté le prix Nobel de physique et de médecine en 1908. Ses travaux lui ont permis d’identifier l’une des bactéries utilisées dans la production du yogourt, le lactobacillus bulgaricus, qu’il a nommé ainsi en l’honneur du peuple bulgare qu’il a étudié, et qui sont de fervents amateurs de yogourt!

Les gens qui me connaissent savent que j’ai l’intention de devenir doyenne de l’humanité. Les autres, vous le savez maintenant! Avec ce que je viens d’apprendre, et ce que je m’apprête évidemment à mettre en pratique, vous pouvez désormais dormir sur vos deux oreilles : vous savez que je serai aux commandes de ce blogue encore bien longtemps!

Longue vie aux bactéries!

Yogourt au basilic aromatisé au sirop de carotte
 
Temps de préparation
Temps de cuisson
Total
 
Évidemment, vous n’êtes pas obligé d’aromatiser votre yogourt au sirop de carottes, au même titre que vous n’avez pas non plus à y faire infuser des feuilles de bacilic. Omettre également la seconde quantité de sucre pour obtenir un yogourt nature.
Portions: 5 tasses de yogourt
Ingrédients
  • 1 tasse de jus de carotte
  • 2 c. à soupe de jus de citron
  • 1 tasse de sucre (+ ¼ tasse pour le yogourt)
  • 1 yogourt nature, format individuel
  • 1 litre de lait
  • Environ ½ tasse de feuille de basilic, bien tassées
Étapes
  1. Dans une casserole, porter à ébullition le jus de carotte, le jus de citron et le sucre, et cuire jusqu’à ce que la préparation épaississe et ait la consistance du miel. Répartir le sirop dans des contenants individuels. Réserver.
  2. Dans une casserole, chauffer la moitié du lait, le sucre et le basilic. Aux premiers frémissements, retirer du feu, passer au tamis en pressant bien le basilic.
  3. Dans un bol, mélanger l’autre moitié du lait et le yogourt. Verser le lait chaud sur la préparation froide en remuant pour éliminer les grumeaux.
  4. Verser la préparation dans les contenants. Mettre le couvercle ou recouvrir d’une pellicule de plastique.
  5. Placer les pots au four à basse température (40 degrés C ou 100 degrés F) pendant 4 heures. Il est également possible de les plonger dans une marmite contenant de l’eau tiède entre 40 et 50 degrés C. Cette température doit être maintenue pendant 4 heures. Placer les contenants au réfrigérateur pendant 4 heures

D’autres recettes qui rendent heureux...

Tagged: , , , , ,

Comments: 2

  1. Etre-Aimé 18 avril 2011 at 11 h 51 min Reply

    Si tu avais demandé a ton conseiller en photographie, il t’aurait dit de mettre une petite feuille de basilic sur le dessus de ton pot de yogourt, question d’agrémenter la photo.

    Étant donné que ce yogourt comporte des produits laitiers, je n’y ai pas trop goûté, mais il sentait très bon. J’attends la version au soya qui, bien entendu, aura les même propriété sur la vie.

  2. MHHarnois 21 avril 2011 at 12 h 05 min Reply

    D’accord avec l’Être-Aimé sur la photo. Une feuille de basilic aurait fait belle figure. Ceci dit, ça me semble excellent!

Laisser un commentaire